Stéphanie Frappart : « l’arbitrage, l’école de la vie »

Vous avez été la première femme à arbitrer un match professionnel masculin en Ligue 1 et 2, qu’avez-vous ressenti à ce moment ?

J’ai ressenti beaucoup de fierté et d’honneur d’accéder à ce niveau.  Cela a été pour moi la reconnaissance par le monde footballistique de mon travail et des qualités que j’avais développées au fil du temps.

Pour arriver à ce niveau, cela demande beaucoup d’investissement, avec des choix personnels importants, comme d’accepter à certains moments de mettre sa vie personnelle de côté.

 

Vous avez fait vos premiers pas dans le football à 10 ans à l’AS Herblay. Est-ce qu’un arbitre vous a inspiré ce parcours ?

C’est à mes 19 ans que j’ai annoncé à mes coachs mon envie de me lancer dans l’arbitrage… Ils étaient surpris et voulaient me garder sur le terrain (rires) ! C’était un choix raisonné de ne pas avoir pris de modèle d’arbitre, je souhaitais tout miser sur ma personnalité et développer au fil du temps mes propres formes de management, sans imiter celles d’un homme.

 

Est-ce qu’être une femme est un plus dans ce métier ?

Je pense sincèrement qu’être une femme dans ce métier est un plus, car j’apporte de par mon statut une approche différente, sans ce rapport de forces qu’il peut y avoir entre hommes. Je ne peux pas, par mon gabarit, prendre la même posture que d’autres arbitres. (rires)

 

Comment qualifieriez-vous votre arbitrage ?

Je suis d’un tempérament calme et de ce fait j’inspire de la sérénité et de la confiance. Je laisse toujours une ouverture au dialogue avec les joueurs présents et le monde du football en général.  Je suis quelqu’un qui favorise le jeu et qui laisse avant tout s’exprimer les joueurs. La plus belle reconnaissance que je puisse avoir est celle d’être vue comme un partenaire du jeu, faire partie du tout, sans être mise en avant. 

 

Quelles sont les qualités nécessaires pour être arbitre selon vous ?

Il faut être un bon athlète, avoir un leadership prononcé avec la personnalité qui va avec, car il faut savoir rapidement prendre des décisions en assumant leurs conséquences et gérer la pression de son environnement…

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes filles qui souhaiteraient se lancer dans l’arbitrage?

Je leur dirais qu’être passionnée est essentiel pour y arriver. De ne pas baisser les bras à la première difficulté ou échec, car il y en aura. De ne pas avoir peur des efforts et du travail à fournir. L’arbitrage, c’est une vraie école de la vie, on apprend plus rapidement à prendre des décisions, se responsabiliser et se forger sa propre personnalité. Des atouts qui serviront autant dans la vie professionnelle que personnelle.

 

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